Les plaques militaires d’identification, tout ce qu’il faut savoir !

janvier 16, 2021 8 minutes de lecture

Les plaques militaires d’identification, tout ce qu’il faut savoir !

Beaucoup pensent que les plaques militaires d’identification ont un rôle purement esthétique, la réalité est pourtant toute autre. Tantôt aperçues sur des œuvres cinématiques de guerre, tantôt portées comme accessoire de mode autour du cou, on ignore d’où elles viennent, et quelles fonctions elles servaient initialement.

D’où viennent les plaques d’identité militaires ? Pourquoi les soldats en portent-ils en mission ? On vous dit tout ce qu’il faut savoir à ce sujet dans cet article.

À quoi servent les plaques militaires ?

Dépeintes à tort comme étant un accessoire inutile, les plaques militaires, communément connues sous le terme de « Dog Tags », sont absolument nécessaires pour le corps de l’armée.

Ceux qui ne s’y connaissent pas pourraient s’interroger sur l’intérêt d’avoir une mini-plaque d’identification sur soi, mais dans certains contextes, leur utilité prend tout son sens.

Un problème qui ne vient pas souvent à l’esprit est l’identification des dépouilles lors des guerres. En temps normal, il est facile de reconnaître le cadavre en se fiant à ses pièces d’identité, en l’identifiant par ses proches ou en ouvrant une enquête. Choses qui ne sont pas évidentes sur le terrain quand la personne est défigurée, et qu’aucun indice n’est retrouvé. Loin de son groupe et sans le moindre signe distinctif, il est difficile de retrouver la trace de centaines ou de milliers de victimes.

plaques militaire américaine

Avec une plaque d’identification qui résiste aux conditions extrêmes, on peut savoir à qui appartient le corps, et avoir plusieurs informations concernant la personne. Cela permettait également de lutter contre l’usurpation d’identité et tous les profits que certains pouvaient en tirer.

Dans d’autres cas de figure, si on trouve un blessé par exemple, cela permet d’apporter la meilleure assistance possible et de faire appel à sa division. On y apporte aussi des informations d’ordre médical ou religieux qui aident à l’organisation du sauvetage et des funérailles.

Histoire et origine des plaques militaires

L’évolution des plaques d’identification militaires s’étend de la nuit des temps aux époques modernes. D’un concept générique a jailli un outil fonctionnel fort utilequi ne cesse d’être développé pour répondre aux moindres besoins des soldats.

Les toutes premières plaques militaires

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas un principe purement occidental. L’usage de moyens d’identification au sein des forces militaires est universel, et il existe depuis plusieurs milliers d’années.

Les premiers modèles documentés datent de l’ère romaine. Ils étaient particulièrement dédiés aux recrues de l’armée, avant qu’elles ne reçoivent l’approbation pour rejoindre le régime, et qu’on ne leur assigne leurs fonctions. Ils étaient gravés en plomb et rattachés par des rubans en cuir.

plaque militaire ère romaine

On retrouve également un principe similaire auprès de l’armée et des rebelles chinois ayant participé à la révolte des Taiping contre la dynastie Qing. Cette fois-ci, on faisait usage de plaques en bois qu’on accrochait à la ceinture de l’uniforme. On y retrouvait le nom, l’âge, l’origine ainsi que l’unité et la date de recrutement.

Les plaques d’identification des temps modernes

Aussi improbable que cela puisse paraître, ce sont les civiles qui ont imposé le concept des plaques d’identification militaires aux États-Unis. Au cours de la guerre de Sécession, les soldats se rendaient aux batailles en fixant des bouts de papier au dos de leurs uniformes, pour indiquer à ceux qui les trouveront leur adresse et pour être ramenés à leurs familles.

Les fabricants n’ont pas tardé à se joindre à ce mouvement en concevant des insignes métalliques ou en alliage de cuivre et de zinc où étaient gravées toutes les informations concernant les soldats.

plaques militaire américaine

L’un d’entre eux s’était proposé pour fournir à l’armée toutes les plaques dont ils avaient besoin, mais l’offre a été refusée, et ce n’est que quelques années plus tard que cet accessoire a été intégré de manière officielleà l’équipement des troupes.

Lors de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, les plaques d’identité militaires ont permis de distinguer des milliers de soldats immatriculés. Leur forme et leur conception ont énormément changé au fil du temps : ils sont devenus discoïdes, conçus à partir d’aluminium ou de fibres d’asbestoses, gravés lettre par lettre, et dupliqués en deux exemplaires.

Dans un deuxième temps, durant l’ère industrielle, les méthodes d’impression se sont améliorées, et on a préféré l’embossage des critères d’identification. Cette approche permettait de gagner du temps, et d’avoir des identifiants plus lisibles et plus résistants aux agents corrosifs.

Malgré cela, des milliers de morts des deux guerres mondiales demeurent non identifiés. Dans certains cas, la plaque d’identité s’égarait ou était détruite sous l’effet de facteurs externes. Malheureusement, une grande partie des morts ne la portait pas par pure superstition, ou, car ils ne voyaient pas l’utilité de l’avoir sur soi.

La réelle signification des plaques militaires entaillées

Aux alentours de la guerre du Vietnam, les plaques d’identité comportaient toutes une entaille caractéristique au même endroit. Longtemps, on a cru que ce design particulier était spécialement choisi pour disposer la plaque entre les dents du défunt, et donc de s’assurer qu’elle serait retrouvée ultérieurement.

plaques militaires entaillées

Cependant, ce n’était aucunement le cas. La réelle cause était très simple, et n’avait rien à voir avec ces spéculations. On devait correctement orienter les plaques sur la nouvelle machine de gravure pour qu’elle puisse fonctionner, et l’encoche servait à distinguer le haut du bas du disque.

Inconscients de ce détail technique, c’est devenu presque une tradition de coincer la plaque entre les incisives du soldat pour qu’on puisse l’identifier.

Pourquoi les appelle-t-on « Dog Tags » ?

On ne pouvait clôturer l’historique des plaques militaires d’identification sans vous parler de l’origine du surnom « Dog Tags ». En effet, cette expression est bien plus qu’une comparaison anodine. Elle remonte à la guerre franco-allemande qui a frappé en 1870.

Le hasard a fait que les soldats allemands portaient des plaques d’identité extrêmement similaires à celles que possédaient les propriétaires d’animaux de compagnie. Les détenteurs de chiens, en particulier, devaient payer une taxe annuelle en Allemagne. Une fois que c’était fait, on leur délivrait des insignes métalliques ressemblant à celles des militaires.

Depuis quelque temps, on évite d’employer l’expression « Dog Tags », car certains soldats se seraient plaints qu’elle porte une connotation négative. Ils se sentaient rabaissés quand on l’utilisait pour désigner leurs plaques d’identification.

Quel intérêt à porter deux plaques militaires ?

Si vous avez le sens de l’observation, vous avez certainement remarqué qu’on porte le plus souvent deux plaques militaires d’identification. En effet, soit la plaque peut être scindée en deux versants, soit il existe carrément deux plaques militaires distinctes rattachées l’une à l’autre ou accrochées sur la même chaîne.

deux plaques militaires

Encore une fois, cette idée ingénieuse a un intérêt purement pratique. Quand il n’y avait qu’une seule plaque, soit on la retirait pour la déclaration, soit on la laissait sur le corps pour que l’équipe chargée de le ramasser puisse l’identifier plus tard. C’est cette deuxième option que choisissait la majorité des soldats, par acte de solidarité envers leurs camarades.

Ce problème a été réglé en créant un duplicata :

  • L’une des deux plaques pouvait facilement être détachée par celui qui allait signaler le corps. On la délivrait aux autorités telle qu’elle pour compléter le registre de recensement. Le chef d’unité envoyait un rapport régulier aux responsables de chaque division.
  • L’autre plaque devait rester avec la victime. Dans un second temps, quand on se chargeait de la récupérer, on pouvait facilement l’identifier grâce aux coordonnées qui s’y trouvaient.

Ceci dit, cette nouvelle manière de procéder n’est pas dénuée d’inconvénients. Le contact des deux pièces métalliques, en plus d’être irritant pour la peau, faisait du bruit qui compromettait la discrétion des combattants.

Pour y remédier, on les protégeait par un étui en cuir ou en caoutchouc, ou on les enroulait ensemble d’un ruban silencieux. Dans les modèles actuels, les deux plaques sont le plus souvent soudées, mais facilement détachables les unes des autres.

Aujourd’hui encore, le tag qu’on laisse autour du cou du soldat sert pour lui rendre hommage lors de l’enterrement. Au cours de ces cérémonies collectives, on les rattache à leurs armes, ou à leurs équipements durant la minute de silence. Il n’est pas rare qu’elle soit restituée à la famille du défunt en guise de souvenir, et qu’on l’apporte chaque fois qu’un membre se recueille sur sa tombe. 

Quelles informations faut-il y inscrire ?

L’objectif même des plaques militaires est d’informer sur l’identité des soldats qui les portent. C’est la pièce d’identité qui renseigne sur leurs données civiles, militaires, et médicales. Sur une si petite surface, on ne se contente que de ce qui est strictement nécessaire.

infos plaques militaires

En fonction du régime ou du corps auquel un soldat appartient, et selon le pays dont il est question, les informations qui y sont gravées diffèrent. Certains éléments sont constants, quel que soit le type de plaque d’identification. Il s’agit :

  • Du nom et prénom de la personne,
  • de la section à laquelle il appartient,
  • ainsi que de son numéro d’identification (ID) ou le numéro de service/de recrutement.

Toutefois, il n’y a pas de consensus, comme nous l’avons dit plus haut, et on retrouve plein d’autres informations sur les dog tags. Ceux qu’on retrouve le plus fréquemment sont l’âge, la ville et le pays d’origine, le numéro de sécurité sociale, le groupe sanguin et le sous-type rhésus.

Exceptionnellement, pour certains pays ou divisions militaires, d’autres éléments étaient ajoutés tels que : la religion, le surnom, le gendre, le statut vaccinal ou la présence d’allergies médicamenteuses. De temps à autre, on peut trouver une inscription qui précise « Ne pas retirer » ou qui indique comment le diviser en deux.

Plaques militaires françaises vs. américaines : quelles différences ?

Les amoureux des équipements militaires, particulièrement ceux qui sont pointilleux sur les détails, ont certainement remarqué que les Français et les Américains n’utilisent pas le même style de plaque d’identification. Le principe est respecté, mais il existe quelques différences qui distinguent les modèles de plaques militaires françaises de leurs paires américaines.

Les principales divergences sont :

  1. La forme : les plaques d’identité militaires américaines sont typiquement rectangulaires à angles arrondis. Si les modèles français de l’armée sont similaires, quoique moins allongés, ceux des forces maritimes sont plutôt discoïdes.
  2. La configuration: les soldats américains reçoivent chacun 2 plaques d’identification, comme expliqué plus haut. Les Français, eux, se tiennent à une plaque unique qui peut être divisée au centre en deux exemplaires identiques.
  3. Les données inscrites : évidemment, la langue diffère, mais ce n’est pas le seul facteur distinctif. Chaque tag inclut des informations distinctes : si le prototype français est assez concis, les plaques militaires utilisées aux USA sont plutôt exhaustives, et varient selon la division militaire (Army, Navy, Marine, Air Force, etc.).

Qui peut porter des plaques militaires ?

Initialement, les insignes d’identification militaires étaient exclusivement dédiés au corps de l’armée. Seuls les soldats des forces terrestres, navales, aériennes, ou assimilées, pouvaient en avoir. Il était d’ailleurs très mal vu que des civils en portent, car c’était souvent dans le but de soutirer des avantages de leur faux statut militaire.

Largement popularisées par la culture cinématographique, avec les nombreux films de guerre fidèles aux descriptions des survivants, les plaques militaires sont vite devenues un accessoire de mode. D’abord au sein des communautés de fervents collectionneurs, puis auprès de grandes célébrités, elles ont fini par atterrir chez le grand public.

Qui peut porter des plaques militaires ?

Maintenant, on peut se procurer des dog tags de style militaire personnalisés à la demande ! Ils sont conçus en métal ou en argent et sont idéals pour compléter un look décontracté ou d’inspiration militaire. Même les grandes marques comme Gucci l’ont revisité, et y ont apporté leur touche moderne et sophistiquée.

Des badges similaires sont attribués aux patients ayant des conditions médicales invalidantes, ou qui les exposent à des pertes de connaissances. On peut y mentionner la maladie en question, les interventions à réaliser en urgence, ou la présence d’allergies graves qui pourraient risquer la vie de la personne.

De nos jours, avec l’émergence de nouvelles technologies, et la possibilité d’étudier l’ADN pour déterminer l’identité des cadavres, on ne cesse de remettre en question l’utilité des plaques militaires. Néanmoins, elles resteront à jamais associées à l’équipement militaire, et représentent un héritage culturelqui nous rappelle les nombreux sacrifices de nos prédécesseurs.

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